Février 2020 - Note de lecture
Florent Toniello Ganaha , un conte futur dans une langue passée. Chez Jacques Flament editeur
Ganaha, un conte futur dans une langue passée.
Ainsi sous-titré, le roman de Florent Toniello semble porter sur sa couverture un premier trousseau de clefs de lecture. En ouvrant cet ouvrage, on est donc préparé en quelque sorte à découvrir un récit dont le propos aurait une révélation particulière à nous faire. Et certes il y a de cela, mais également bien quelques autres intentions, moins évidentes, plus secrètes, au travers des thèmes abordés, des choix descriptifs et de l’invention du monde dans lequel toute l’histoire de cet excellent livre se déroule.
Pas du tout aguerrie à l’exercice du retour de lecture, je vais commencer peut-être par esquisser ces idées parallèles qui non seulement dépeignent une nouvelle humanité plus heureuse et sereine mais qui donnent au roman également une ambiance générale très agréable voire onirique. Pour ce faire, Toniello met en scène des êtres vertes dans une civilisation ayant adopté les vertus dites féminines, si l’on veut bien les lier à ce rapport sacré de la femme et de la terre. On découvre alors un monde en accord avec la nature, respectueux, paisible et bien organisé, un monde ayant aussi réintégré le sacré au quotidien.
L’histoire imaginée par Toniello ne s’arrête pas à cet univers. Il convoque pour troubler ces eaux calmes et poissonneuses, deux autres thèmes parmi les préoccupations de notre époque : celui de la domination des machines et celui de la disparition de l’humanité, ressorts bien connus des ouvrages d’anticipation mais que notre auteur réinvente d’une manière inattendue et subtile.
Et enfin, pour compléter encore ce panorama non exhaustif des questions de notre époque traitées dans ce roman, on y parle de voyage dans l’espace temps. Tout cela semble beaucoup et pourrait donner le sentiment d’une mise en abîme du genre roman d’anticipation mais pas du tout ou tout au moins d’une façon parfaitement dominée. Tout est amené avec grâce et une facilité déconcertante. L’histoire se déroule sans accroc avec une fluidité parfaite et dans une langue elle aussi limpide et imaginative..
Voici donc pour ces thématiques alternatives qui entourent et habillent savamment le conte annoncé et que je ne veux pas dévoiler pour conserver intact le plaisir de la découverte.
Reste cette langue passée que l’auteur met en exergue sur la couverture déjà… S’agit-il d’une langue du passé, d’une langue dépassée, ou peut-être oserais-je d’une langue transmise : la poésie. Le roman ose la poésie non seulement dans le langage choisi pour raconter, mais en tant que personnage quasiment, un axe de développement autour duquel le récit s’articule prenant ainsi le temps de poser des jalons visuels, -des poèmes-, au fil des chapitres. Une audace peu commune quand on sait que la poésie est souvent perçue comme difficile, absconse ou même inutile par le grand lectorat en général. Mais n’a-t-elle pas en fait une importance capitale dans cette histoire ? Ne veille-t-elle pas sur le sens profond de ce conte ? A découvrir en se plongeant dans l’aventure de Ganaha, la poétesse.
Afin de permettre au lecteur de suivre au mieux l’histoire, plusieurs polices d’écriture ont été choisies. L’auteur intervient également sous la forme d’un conteur qu’on rêve assis au coin d’un feu, non pas dans le futur, mais dans un passé lointain – notre présent ? - où rien ne s’écrivait mais tout se créait en contant.
Scrute les caractères sans cesse
Immobiles dans les livres
Tires-en l’habitude d’une vie
Harmonieuse à l’ombre des pages
Une vie consciente du passé
Que l’encre ne s’assèche pas
Sous tes doigts qui tournent
Une vie au creux des êtres
Qui ont vécu après toi
le Livre des êtres vertes , II, 12
Florent Toniello Ganaha , un conte futur dans une langue passée. Chez Jacques Flament editeur
Ganaha, un conte futur dans une langue passée.
Ainsi sous-titré, le roman de Florent Toniello semble porter sur sa couverture un premier trousseau de clefs de lecture. En ouvrant cet ouvrage, on est donc préparé en quelque sorte à découvrir un récit dont le propos aurait une révélation particulière à nous faire. Et certes il y a de cela, mais également bien quelques autres intentions, moins évidentes, plus secrètes, au travers des thèmes abordés, des choix descriptifs et de l’invention du monde dans lequel toute l’histoire de cet excellent livre se déroule.
Pas du tout aguerrie à l’exercice du retour de lecture, je vais commencer peut-être par esquisser ces idées parallèles qui non seulement dépeignent une nouvelle humanité plus heureuse et sereine mais qui donnent au roman également une ambiance générale très agréable voire onirique. Pour ce faire, Toniello met en scène des êtres vertes dans une civilisation ayant adopté les vertus dites féminines, si l’on veut bien les lier à ce rapport sacré de la femme et de la terre. On découvre alors un monde en accord avec la nature, respectueux, paisible et bien organisé, un monde ayant aussi réintégré le sacré au quotidien.
L’histoire imaginée par Toniello ne s’arrête pas à cet univers. Il convoque pour troubler ces eaux calmes et poissonneuses, deux autres thèmes parmi les préoccupations de notre époque : celui de la domination des machines et celui de la disparition de l’humanité, ressorts bien connus des ouvrages d’anticipation mais que notre auteur réinvente d’une manière inattendue et subtile.
Et enfin, pour compléter encore ce panorama non exhaustif des questions de notre époque traitées dans ce roman, on y parle de voyage dans l’espace temps. Tout cela semble beaucoup et pourrait donner le sentiment d’une mise en abîme du genre roman d’anticipation mais pas du tout ou tout au moins d’une façon parfaitement dominée. Tout est amené avec grâce et une facilité déconcertante. L’histoire se déroule sans accroc avec une fluidité parfaite et dans une langue elle aussi limpide et imaginative..
Voici donc pour ces thématiques alternatives qui entourent et habillent savamment le conte annoncé et que je ne veux pas dévoiler pour conserver intact le plaisir de la découverte.
Reste cette langue passée que l’auteur met en exergue sur la couverture déjà… S’agit-il d’une langue du passé, d’une langue dépassée, ou peut-être oserais-je d’une langue transmise : la poésie. Le roman ose la poésie non seulement dans le langage choisi pour raconter, mais en tant que personnage quasiment, un axe de développement autour duquel le récit s’articule prenant ainsi le temps de poser des jalons visuels, -des poèmes-, au fil des chapitres. Une audace peu commune quand on sait que la poésie est souvent perçue comme difficile, absconse ou même inutile par le grand lectorat en général. Mais n’a-t-elle pas en fait une importance capitale dans cette histoire ? Ne veille-t-elle pas sur le sens profond de ce conte ? A découvrir en se plongeant dans l’aventure de Ganaha, la poétesse.
Afin de permettre au lecteur de suivre au mieux l’histoire, plusieurs polices d’écriture ont été choisies. L’auteur intervient également sous la forme d’un conteur qu’on rêve assis au coin d’un feu, non pas dans le futur, mais dans un passé lointain – notre présent ? - où rien ne s’écrivait mais tout se créait en contant.
Scrute les caractères sans cesse
Immobiles dans les livres
Tires-en l’habitude d’une vie
Harmonieuse à l’ombre des pages
Une vie consciente du passé
Que l’encre ne s’assèche pas
Sous tes doigts qui tournent
Une vie au creux des êtres
Qui ont vécu après toi
le Livre des êtres vertes , II, 12
Septembre 2019 -
Anna Jouy lit Paul Roddie. "Des ferries mutiques dans un va-et-vient constant et furtif bercent doucement cette journée hors du temps où les portes de l’esprit claquent au rythme de la brise ...." |
Juin 2018 - Anna Jouy lit Florent Toniello : "Si Adam Smith avait écrit des vers".
Les lecteurs de Dailleurs connaissent déjà le poème de Florent Toniello, poète Dailleurs. Ils aiment le rythme, le ton, les clins d'oeil dans la poésie de cet auteur francophone basé au Luxembourg. Ils écouteront avec délice la lecture d'Anna dont Florent dit: "Ah ! quelle intonation ! je suis abasourdi... et ravi :-) La prononciation de l'écriture inclusive... " |

Avril 2017 -
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En l'écoutant, nous sommes profondément émus dans la voix, la musique et les mots se complètent.