
RENO BISTAN
Auteur-compositeur-interprête, Reno Bistan a enregistré 4 albums de ses chansons poétiques, politiques et ironiques et se produit sur scène, seul ou accompagné de musiciens, depuis une vingtaine d’années. Parallèlement il est associé à la Cie Le Théatre du grabuge qui crée notamment des spectacle associant des artistes professionnels et les habitants d’un quartier ou d’une région. Il est également ferru de langues et anime le bal polyglotte et métissé « le bal à bistan ».
Villes langues.
Arriver dans une ville où personne ne t’attend, où tu n’as aucun engagement de quelque sorte que ce soit, pas un ami qui se réjouit de te retrouver.
Arriver dans une ville où les paysages ne te rappellent rien, où il n’y a pas une montagne, au loin, qui te soit familière ne serait-ce que par son nom.
Arriver dans une ville où même la langue ne t’attend pas : à gros traits tu comprends, on te comprend, mais des milliers de choses circulent autour de toi sans que tu n’aies le temps de les déchiffrer.
***
Je pars, je débarque, mais je n’arrive pas seul, je viens avec mes craintes, mes angoisses, mes fidèles compagnes. Nous débarquons en famille.
***
Le café du coin Piazza Sarzano, des éclats de voix, des bruits de tasse qui s’entrechoquent, et des foccacias englouties.
Un café comme tous les cafés à 9h du matin… non… Ce café !
Celui d’à côté est un peu plus triste.
Pour faire un bon café du coin, il faut d’abord un bon coin, un angle véritable, droit de préférence.
***
Gênes j’aime, Gênes j’aime pas. Gênes double. J’ai nova. J’ai de nouveau des trucs qui vont pas, des trucs qui me dévorent d’un coup et puis je les digère. Je ne peux vivre là et puis je veux rester. Rester même plus longtemps que prévu.
D’abord j’ai port du peur, peur du port. Odeurs, vue sur les porte-containers, ces grues qui me ramènent à des images angoissantes de Guerre des Mondes. Je crois percevoir un smog qui nous menace. Vilains veleni réels ou imaginaires ? Comment bloquer sur des trucs ? N’ouvre pas la bouche, ne respire pas, l’air est contaminé. Mais du délire. J’ai entendu un enfant tousser, et puis un autre, et un adulte aussi. Ce doit être ça. Renato l’ansioso. J’ai les oreilles bouchées.
Côté pile, qu’elle est belle la ville. Voici le port, les montagnes et les bateaux.
Côté face, même image dans le crépuscule. C’est ici que la marchandise mondialisée est vomie dans la bouche de l’occident.
***
Se plonger dans une ville-langue.
Savoir que chaque découverte d’une nouvelle petite place enrichira un peu ton vocabulaire.
Tu commences à maitriser les grandes règles de grammaire, les axes qui te permettent de te repérer, les rues principales qui sont les verbes courants, puis tu commences à t’aventurer au milieu des ruelles.
Tu ne comprends pas tout, tu t’égares, mais tu sais qu’au bout d’un moment, tu retomberas sur un mot-boulevard.
***
Auteur-compositeur-interprête, Reno Bistan a enregistré 4 albums de ses chansons poétiques, politiques et ironiques et se produit sur scène, seul ou accompagné de musiciens, depuis une vingtaine d’années. Parallèlement il est associé à la Cie Le Théatre du grabuge qui crée notamment des spectacle associant des artistes professionnels et les habitants d’un quartier ou d’une région. Il est également ferru de langues et anime le bal polyglotte et métissé « le bal à bistan ».
Villes langues.
Arriver dans une ville où personne ne t’attend, où tu n’as aucun engagement de quelque sorte que ce soit, pas un ami qui se réjouit de te retrouver.
Arriver dans une ville où les paysages ne te rappellent rien, où il n’y a pas une montagne, au loin, qui te soit familière ne serait-ce que par son nom.
Arriver dans une ville où même la langue ne t’attend pas : à gros traits tu comprends, on te comprend, mais des milliers de choses circulent autour de toi sans que tu n’aies le temps de les déchiffrer.
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Je pars, je débarque, mais je n’arrive pas seul, je viens avec mes craintes, mes angoisses, mes fidèles compagnes. Nous débarquons en famille.
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Le café du coin Piazza Sarzano, des éclats de voix, des bruits de tasse qui s’entrechoquent, et des foccacias englouties.
Un café comme tous les cafés à 9h du matin… non… Ce café !
Celui d’à côté est un peu plus triste.
Pour faire un bon café du coin, il faut d’abord un bon coin, un angle véritable, droit de préférence.
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Gênes j’aime, Gênes j’aime pas. Gênes double. J’ai nova. J’ai de nouveau des trucs qui vont pas, des trucs qui me dévorent d’un coup et puis je les digère. Je ne peux vivre là et puis je veux rester. Rester même plus longtemps que prévu.
D’abord j’ai port du peur, peur du port. Odeurs, vue sur les porte-containers, ces grues qui me ramènent à des images angoissantes de Guerre des Mondes. Je crois percevoir un smog qui nous menace. Vilains veleni réels ou imaginaires ? Comment bloquer sur des trucs ? N’ouvre pas la bouche, ne respire pas, l’air est contaminé. Mais du délire. J’ai entendu un enfant tousser, et puis un autre, et un adulte aussi. Ce doit être ça. Renato l’ansioso. J’ai les oreilles bouchées.
Côté pile, qu’elle est belle la ville. Voici le port, les montagnes et les bateaux.
Côté face, même image dans le crépuscule. C’est ici que la marchandise mondialisée est vomie dans la bouche de l’occident.
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Se plonger dans une ville-langue.
Savoir que chaque découverte d’une nouvelle petite place enrichira un peu ton vocabulaire.
Tu commences à maitriser les grandes règles de grammaire, les axes qui te permettent de te repérer, les rues principales qui sont les verbes courants, puis tu commences à t’aventurer au milieu des ruelles.
Tu ne comprends pas tout, tu t’égares, mais tu sais qu’au bout d’un moment, tu retomberas sur un mot-boulevard.
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