
MARTIN PAYETTE
Martin Payette travaille comme enseignant en francisation avec les immigrants à Montréal. Il a publié dans plusieurs revues de poésie (Estuaire, Exit, Recours au poème, etc.) et a participé à bon nombre de lectures publiques. Il a récemment publié un premier recueil de poésie, Don Juan et le mode turbo, dans la collection Plaquettes de la revue et maison d’édition À l’index.
MARTIN PAYETTE
Martin Payette travaille comme enseignant en francisation avec les immigrants à Montréal. Il a publié dans plusieurs revues de poésie (Estuaire, Exit, Recours au poème, etc.) et a participé à bon nombre de lectures publiques. Il a récemment publié un premier recueil de poésie, Don Juan et le mode turbo, dans la collection Plaquettes de la revue et maison d’édition À l’index.
MÉTAPHYSIQUE DE LA RENCONTRE INEXISTANTE
Lorsque la rencontre amoureuse n’advient pas, n’advient plus, et qu’elle s’élude entre les interstices des rayons cathodiques, les déchirures internes s’aggravent, fiévreuses et démesurées à la manière des débâcles boursières qui mènent au krach intime.
Recherche effrénée, de l’euphorie à la panique, pour une rencontre inexistante. Ne sont présents pour le moment que les squelettes du passé, qui rôdent et lèchent les plaies encore grandes ouvertes. Nous supposons qu’ils sont réapparus dans nos existences pour nous renvoyer en pleine figure les éclats de notre défaillance originelle. Gentils miroirs.
Et pourtant, quelqu’un d’autre semble sur le point d’apparaître. À un moment donné, proche ou lointain.
Il faudrait peut-être commencer par conclure avec ceux d’hier, par habitude ou par un attachement pointu à certains pics sentimentaux. Mais des courants d’air féroces nous poussent à chercher, aux aguets du tigre, un certain type de rencontre, très rare, qui n’arrive qu’à certains confluents de haute magie.
Nous tenons toute cette volatilité pour extrêmement hasardeuse, difficile. Mieux vaut penser à autre chose. D’autant plus que nous avons déjà tous laissé passer ce type d’opportunité au moins une fois dans notre vie.
Hors du champ de nos opinions, de notre quotidien, nous jouons le tout pour le tout lors de nos prochaines rencontres avec de parfaits inconnus qui vont croiser notre chemin.
Rien ne sera plus plausible que ces rendez-vous ou leur reflet contraire, celui de l’absence.
Cette absence qui est le pôle inverse de celui, celle qui devait advenir dans une expectative de retournement de situation, la finale heureuse tant attendue.
Mais au fait : cherchez-vous précisément quelqu’un, ou bien consentez-vous au partage avec la première personne que la vie mettra sur votre chemin ?
Vous n’en avez aucune idée.
Vous souhaitez vous incliner face à ce que la vie vous offrira, pourtant votre demande est persistante.
Ce caprice vous effraie, car il est complice du monde des fantasmes, d’un scénario avec lequel il n’est pas toujours souhaitable de pactiser.
Ces gens qui ne sont advenus à toi qu’en rêve, les entends-tu chuchoter des propos sournois, insidieux envers les vivants ?
Les entends-tu dire combien ils sont fades, ternes ceux qui disposent d’un corps et d’une voix dans le cours normal de ton existence ?
La rencontre inexistante n’est plus défaite, mais pittoresque confusion.
QUI OSERAIT
Vers le sommet de rien
héros post moderne et pourtant
ce n’est pas tout déconstruit
tu as hurlé : non-sens
fin de l’histoire
mais tu hallucines encore une brume littéraire
en face de ta librairie de quartier
avec sa façade poésie Gallimard
qui oserait congédier
ses idoles romantiques ?
SUBLIMES ERREURS
Nos erreurs sont sublimes
la débandade fait figure d’école
donne accès aux terrasses historiques
via la baguette personnelle fracassée.
PRIVÉ D’EXIL
Privé d’exil la chaîne aux pieds
sourire poli aux pourvoyeurs
en mode plein emploi
la bestiole expatriée ronge son frein.
Je n’écris plus
je vous demande comment
inverser le cours des événements
retourner la situation
l’insidieux marécage.
Lorsque la rencontre amoureuse n’advient pas, n’advient plus, et qu’elle s’élude entre les interstices des rayons cathodiques, les déchirures internes s’aggravent, fiévreuses et démesurées à la manière des débâcles boursières qui mènent au krach intime.
Recherche effrénée, de l’euphorie à la panique, pour une rencontre inexistante. Ne sont présents pour le moment que les squelettes du passé, qui rôdent et lèchent les plaies encore grandes ouvertes. Nous supposons qu’ils sont réapparus dans nos existences pour nous renvoyer en pleine figure les éclats de notre défaillance originelle. Gentils miroirs.
Et pourtant, quelqu’un d’autre semble sur le point d’apparaître. À un moment donné, proche ou lointain.
Il faudrait peut-être commencer par conclure avec ceux d’hier, par habitude ou par un attachement pointu à certains pics sentimentaux. Mais des courants d’air féroces nous poussent à chercher, aux aguets du tigre, un certain type de rencontre, très rare, qui n’arrive qu’à certains confluents de haute magie.
Nous tenons toute cette volatilité pour extrêmement hasardeuse, difficile. Mieux vaut penser à autre chose. D’autant plus que nous avons déjà tous laissé passer ce type d’opportunité au moins une fois dans notre vie.
Hors du champ de nos opinions, de notre quotidien, nous jouons le tout pour le tout lors de nos prochaines rencontres avec de parfaits inconnus qui vont croiser notre chemin.
Rien ne sera plus plausible que ces rendez-vous ou leur reflet contraire, celui de l’absence.
Cette absence qui est le pôle inverse de celui, celle qui devait advenir dans une expectative de retournement de situation, la finale heureuse tant attendue.
Mais au fait : cherchez-vous précisément quelqu’un, ou bien consentez-vous au partage avec la première personne que la vie mettra sur votre chemin ?
Vous n’en avez aucune idée.
Vous souhaitez vous incliner face à ce que la vie vous offrira, pourtant votre demande est persistante.
Ce caprice vous effraie, car il est complice du monde des fantasmes, d’un scénario avec lequel il n’est pas toujours souhaitable de pactiser.
Ces gens qui ne sont advenus à toi qu’en rêve, les entends-tu chuchoter des propos sournois, insidieux envers les vivants ?
Les entends-tu dire combien ils sont fades, ternes ceux qui disposent d’un corps et d’une voix dans le cours normal de ton existence ?
La rencontre inexistante n’est plus défaite, mais pittoresque confusion.
QUI OSERAIT
Vers le sommet de rien
héros post moderne et pourtant
ce n’est pas tout déconstruit
tu as hurlé : non-sens
fin de l’histoire
mais tu hallucines encore une brume littéraire
en face de ta librairie de quartier
avec sa façade poésie Gallimard
qui oserait congédier
ses idoles romantiques ?
SUBLIMES ERREURS
Nos erreurs sont sublimes
la débandade fait figure d’école
donne accès aux terrasses historiques
via la baguette personnelle fracassée.
PRIVÉ D’EXIL
Privé d’exil la chaîne aux pieds
sourire poli aux pourvoyeurs
en mode plein emploi
la bestiole expatriée ronge son frein.
Je n’écris plus
je vous demande comment
inverser le cours des événements
retourner la situation
l’insidieux marécage.