
Né en Ecosse en 1971, Paul RODDIE est anglophone. En 1995, après des études universitaires de langues vivantes appliquées, il retourne son kilt et décide de s’installer définitivement en France.
Aujourd’hui il écrit tantôt en français tantôt en anglais et traduit ses textes d’une langue à l’autre, prêtant une attention égale à l’exactitude sémantique et la musicalité du poème-source. Il a publié deux recueils de poésie bilingue à ce jour : ‘Terrains vagues, terrains précis / No Holds Bard’ et ‘Le ravisseur du monde / Taking the World by Storm.’
Il a également réalisé des livres d’artiste avec des plasticiens. Son prochain livre sera un recueil d’aphorismes composé en français.
BY THE POND
First light on the pond the sun working its way down into my core one bold drake stirs then turns enigmatically to survey the dawn I pour some tea from my flask drink deep |
ETANG
Premiers rayons du jour sur la surface de l’étang leur chaleur peu à peu me pénètre l’épiderme Se dressant d’un coup un vieux canard aguerri ésotériquement se tourne et scrute la lumière naissante Je sors mon thermos de thé m’envoie une gorgée pélagique |
ALLONGÉ SUR LA JETÉE
Les bateaux Des ferries mutiques dans un va-et-vient constant et furtif bercent doucement cette journée hors du temps où les portes de l’esprit claquent au rythme de la brise Les vagues Des vagues sans crête troubles et impuissantes montent puis descendent s’acharnant à fluidifier la fange de la pensée Les marins-pêcheurs Trois formes floues quasi métaphysiques qui œuvrent au soleil crient et jappent en voyant leur prise - le fretin au fond d’eux ruisselant de vie La jetée Un tel jour incite à méditer à recentrer les choses au plus profond de soi - là où la vie déborde l’esprit et ses écluses |
ON THE JETTY
The Boats A timeless day rocked gently by silent ferries coming and going relentlessly as the gates of my mind flap in the breeze The Waves Impotent waves crestless and murky rise and subside shifting with difficulty the dross of human thought The Fishermen Three vague forms metaphysical almost toil in the sun shriek and howl at their catch – the fish within them kicking for life The Jetty Such a day calls for meditation a pulling inwards towards the centre – the mind like an open lock letting everything run |